La nouvelle menace révélée par la guerre en Ukraine mène les armées à faire évoluer leurs moyens de riposte.
Conçu comme un missile antichar, le Hellfire a été tiré depuis un MQ-QA Reaper (photo) pour abattre un drone lors d'un essai de l'armée française ( AFP / ALAIN JOCARD )
Comment se défendre face aux drones? Inexistance il y a encore une décennie, la question s'est imposée comme un des nouveaux défis majeurs des armées conventionnelles, confrontées à une menace aérienne low-cost mais redoutable.
La France, qui cherche à étoffer son arsenal antidrones, multiplie les initiatives, et a testé avec succès le tir contre des cibles aériennes depuis un drone Reaper d'un missile initialement conçu pour des cibles terrestres, a annoncé mercredi 8 avril le ministère des Armées.
"L'armée de l'Air et de l'Espace (AAE), en coordination avec la Direction Générale de l'Armement (DGA), a mené avec succès des tirs d'expérimentation du missile Hellfire depuis un drone MQ-9 Reaper sur des cibles aériennes de type drone", selon le ministère, qui souligne l'adaptation du Hellfire à cette nouvelle mission.
"L'esprit d'innovation de l'AAE a permis, seulement trois mois après la mise en service du Hellfire sur Reaper, d'étendre l'emploi de cette munition prévue initialement pour des cibles au sol", ajoute le ministère, saluant "une nouvelle capacité opérationnelle pour contrer la menace drone".
Le drone Reaper, construit par l'Américain General Atomics est un drone dit MALE (moyenne altitude, longue endurance). Il est conçu pour des missions de surveillance et de frappes au sol, notamment avec ses missiles Hellfire, construits par l'américain Lockheed Martin. La France dispose de 12 Reaper.
Face à la dronisation galopante de la guerre, illustrée par les vagues de Shahed en Ukraine ou au Moyen-Orient, toutes les armées cherchent à étoffer leurs moyens de lutte antidrones, sans devoir tirer des missiles sophistiqués et coûteux contre des cibles valant quelques dizaines de milliers de dollars.
Le Hellfire, conçu comme un missile antichar, coûte une centaine de milliers de dollar l'unité, ce qui l'approche des gammes de coût d'un Shahed.
Abattre un drone au canon? Pas si simple
Pour détruire ce type de drones, l'armée française dispose actuellement de ses avions Rafale et de leurs missiles Mica, qui coûtent plus de 600.000 euros. Elle en a tiré plus de 70 ces dernières semaines pour abattre des drones iraniens attaquant ses alliés émiratis.
Elle dispose aussi d'hélicoptères de combat, comme le Tigre avec son canon de 30 mm, ou le Fennec avec ses mitrailleuses, et de systèmes sol-air, comme les SAMP/T ou le VL MICA, qui tirent des missiles intercepteurs.
Dans sa démarche d'adaptation, la France conduit plusieurs expérimentations pour renforcer ses moyens, cherchant par exemple à modifier les canons de 30 mm des Rafale pour leur permettre d'abattre des drones.
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Actuellement, ces canons sont configurés pour du combat aérien entre chasseurs et ne sont pas adaptés pour des cibles très lentes comme les Shahed.
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